Quelques éléments d'information sur le marquis de Mores au Saharien Tunisien

D'après une conférence de l'amicale des enfants de Tunisie

L’Epopée du Marquis de Mores en Tunisie (1896)

Marquis de Mores

Dreyfus, le boulangisme, le massacre de la mission Flatters et la résistance française à la pénétration anglaise au Soudan, l’aventure malheureuse du Marquis de Morés en est un passionnant reflet.
Ancien officier de Saint Cyr, il quitte l’armée en 1882 pour se lancer dans l’élevage aux Etats Unis, puis se rend en Indochine pour y étudier la création de lignes de chemins de fer au Tonkin. Ulcéré par les luttes d’influence qu’il y constate, il revient à Paris avec un objectif: combattre le parlementarisme qui est au service de la France cosmopolite représentée par le juif et le franc maçon. Il se veut solidaire du peuple suivant l’encyclique de Léon XIII.
Début 1893, après avoir étripé en duel et avoir été assigné en justice par ses adversaires, il quitte la politique et se tourne vers l’Afrique où il veut combattre l’hégémonie anglaise.
Il fonde à Alger en 1894, le parti antisémite algérien et parcourt le pays pour approfondir sa connaissance sur les pays musulmans. Il croit comme Duveyrier et le duc de Polignac à l’appui des confréries religieuses et des touaregs à la cause française et conçoit le projet chimérique de lever une armée arabe de 20 000 hommes encadrée d’officiers français pour reprendre aux anglais le Soudan et la Haute Egypte avec l’aide des Tidjanias et des Senoussias.
En vue de ce projet, il décide d’aller lui-même à Ghadamès, à Ghat et à Koufra rencontrer les chefs de ces confréries.
Débarquant à Tunis en mars 1896, il essaye de convaincre du bien fondé de son projet le résident général Millet et son conseiller militaire Rebillet. Le premier, bien qu’arabophile et le second peu enclin à favoriser une telle expédition qui contrecarre des projets personnels ne l’encouragent point et lui demandent d’éviter la frontière tuniso tripolitaine peu sûre et de passer le sud algérien. Morès persiste dans son idée et recrute à Tunis interprète, guides et domestiques. Il achète la collaboration d’un négociant de Ghadamès et s’embarque avec tout ce monde pour Gabès. Il y recrute des chameaux avec leurs chameliers et c’est un convoi de 29 personnes qui arrive à Kébéli, mais beaucoup parmi ses compagnons sont surtout attirés par l’argent que le marquis porte sur lui. Contrairement à ce qu’il a promis, il se dirige vers la frontière tunisienne et à Djeneïen renvoie la plupart de son personnel tunisien pour s’entourer de touaregs qu’il croit favorables à la France. Egaré par ces derniers, il est attaqué par eux le 6 juin 1896 à l’aube au lieu dit El Ouatia sur la ligne frontalière. Malgré une résistance héroïque de plusieurs heures, il est finalement abattu, dévalisé de son or et de ses affaires et laissé sur le terrain. Quelques-uns de ses compagnons tunisiens sont massacrés avec lui.
Dès la nouvelle, l’affaire fait grand bruit à Tunis et à Paris où ses obsèques solennelles sont célébrées en présence des représentants du gouvernement. Sa veuve qui a aussitôt déclenché une enquête pour retrouver les assassins passés en Tripolitaine est aidée d’amis de son mari de même obédience. Les trois assassins sont arrêtés en Tripolitaine et ramenés en Tunisie, par contre le caïd de Kebili, fortement impliqué n’est pas inquiété. Jugés au tribunal de Sousse, l’un d’eux est condamné à mort, puis il est gracié à la demande de Madame de Morès, sa peine étant transformée en travaux forcés à perpétuité. Le lieutenant Leboeuf, commandant le cercle de Kebili, est traduit en justice puis relaxé. Millet et Rebillet, qui attaqués ont introduit une requête en diffamation, sont blanchis, mais le premier est rappelé en France et le second est mis à la retraite. L’alliance franco-anglaise, malgré cette affaire et l’aventure de Fachoda en 1898, se maintenait au grand soulagement des membres du gouvernement français.

d'après un article de la page patrimoine de la ville de Cannes (de Morès y est enterré)

" Marquis de Morès (1858-1896)
Il est issu de la très vieille noblesse des Vallombrosa. Brillantes études au collège Stanislas qui vient d’ouvrir ses portes à Cannes, puis à Saint-Cyr. Mariage à l’église Sainte-Marguerite avec Médora de Hoffman, dont le père, riche banquier new-yorkais, vient d’acquérir le château de La Bocca. Sa personnalité le pousse à préférer la vie d’aventurier à celle de châtelain : Antoine de Morès devient éleveur dans le Far West américain, tente d’ouvrir une ligne de chemin de fer au Tonkin, puis, de retour à Paris, épouse la cause des déshérités et se range sous la bannière de l'anarchisme. Mais un nouveau projet germe dans son esprit : rallier toutes les tribus nomades du Soudan afin de constituer un grand empire musulman allié à la France (avec l’arrière-pensée de prendre les Anglais à revers en remontant jusqu’aux sources du Nil). Il monte son expédition en dépit de toutes les oppositions, tant familiales que gouvernementales. Après neuf jours de traversée du désert, alors qu’il franchit la colline d’El-Ouatia, il tombe dans une embuscade dressée par les Touaregs de son escorte et succombe devant le nombre des ennemis. Une destinée hors du commun../.."


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