Les REPTILES

Résumé:
-Moins d'accidents qu'avec les scorpions.
-actifs à la saison chaude.
-En principe deux orifices de morsure punctiformes.
-
 les venins de serpents sont protéiques ; activités neurotoxique, également cardiotoxique et hypotensive, et enzymes diverses (hémolytique , protéolytique (tissulaire), actives sur la coagulation...).
-inutile de chauffer l'orifice de morsure (cigarette), les venins sont thermostables.
-Conduite à tenir: calmer le sujet, l'allonger.On peut prendre du café fort. nettoyer soigneusement la plaie (dakin ou eau savonneuse) et évacuer la victime dès la survenue de l'accident. Bander serré (pas un garrot) avec une bande de crêpe et immobiliser le membre.
Le traitement médical à ce stade est essentiellement symptomatique, selon les signes: adrénaline, corticoïdes, antalgique, anti-inflammatoire, peuvent se concevoir, à condition de ne pas retarder davantage l'évacuation.

-4 groupes de serpents , dont 3 pourvus de crochets: les Opistoglyphes, les Protéroglyphes, les Solénoglyphes.



Les Opistoglyphes: crochets à l'arrière de la machoire supérieure: même s'ils mordent l'homme, ils ne sont pas dangereux pour lui.
ex.la couleuvre de Moïla, Malpolon moilensis, retrouvée toute l'année à peu près dans tout le sahara (là ou tombent moins de 100mms d'eau par an), en dehors des ergs et des regs caillouteux; absente du Hoggar et à l'est du nil.
grande taille (70-90 cms), tête caractéristique: pupilles rondes, écailles sus-oculaires relevées qui lui donnent un air teigneux, mâchoire supérieure plus longue que l'inférieure, présence d'une concavité en avant de l'oeil, capacité à gonfler ses côtes latérales un peu comme un naja.


photo de l'ouvrage La vie sauvage au sahara , A.Dragesco-Joffé , Delachaux et Niestlé

Les Protéroglyphes: seule famille terrestre, les elapidae (najas et cobras); crochets fixes à l'avant de la mâchoire supérieure; pupille ronde, plaques frontales, pariétales, et sous-oculaires de la tête très dévelloppées, tête ovoïde, enfle ses côtes latéralement de manière caractéristique.
au Sahara: les najas dans les palmeraies, ex. Naja haje (cobra égyptien) dans toute l'afrique; TRES dangereux.


les venins de naja sont surtout neurotoxiques (paralysie musculaire respiratoire), également cardiotoxique (thermostable) et hypotensif, et pourvu d'enzymes diverses.
Les signes cliniques: 2 orifices punctiformes , éloignés de 1 cm, engourdissement du point d'inoculation, oedème, douleur progressive, puis angoisse, lassitude, difficultés respiratoires importantes, frissons, sueurs, salivation, , en quelques heures perte de la parole, spasmes musculaires, état nauséeux, relachements des sphincters (urines, selles), pouls accéléré et faible, enfin coma hypoxique, puis arrêt respiratoire et cardiaque.
Conduite à tenir: aspivenin immédiat (pas réellement efficace, mais concourt à rassurer un peu le sujet!), calmer le sujet, l'allonger.On peut prendre du café fort.
Le nettoyage soigneux de la plaie (dakin ou d'eau savonneuse) et l'organisation de l'évacuation doivent être entrepris dès la survenue de l'accident. Un bandage serré (pas un garrot) avec une bande de crêpe et l'immobilisation du membre sont souhaitables. Le traitement médical à ce stade est essentiellement symptomatique: en présence de troubles neurotoxiques (paresthésies, fasciculations), l'injection de corticoïdes et, en présence de signes locaux importants, l'administration d'un antalgique associé à un anti-inflammatoire peuvent se concevoir, à condition de ne pas retarder davantage l'évacuation.
Il faut de toutes façons JOINDRE UN HOPITAL LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE pour des mesures de réanimation et pour une éventuelle sérothérapie: l'immunothérapie qui bénéficie de nouveaux perfectionnements techniques pour assurer la purification du sérum de cheval est actuellement remarquablement tolérée et sa mauvaise réputation n'est plus justifiée (Chippaux et al., 1998).

Les Solénoglyphes: 2 familles, viperidés et colubridés (crotalidés): crochets mobiles à l'avant de la mâchoire supérieure; pupille rectiligne, plaques frontales, pariétales, et sous-oculaires de la tête plus petites et plus nombreuses;

Au Sahara on ne trouve que les viperidae: vipères, cérastes (vipères à cornes) et bitis (vipères heurtantes)
Les vipères à cornes (cérastes au sens strict), Cerastes cerastes, occupent le Sahara des piémonts des Atlas (au sud d'une ligne béni ounif-biskra-gafsa-gabès) jusqu'à la mer rouge, et ce jusqu'àu sahara sahélien.



Elles sont inactives du début octobre à fin mars dans le nord-sahara (tunisie, nord-libye...) et de novembre à fin février dans le sahara sahélien.
Les vipères des sables , Cerastes vipera, n'occupent que les sables vifs dans tout le Sahara, de l'atlantique à la mer rouge: ergs et leurs dépressions inter-dunaires, zones sableuses des oueds...Attention à sa traçe d'enfouissement en forme de "S" inversé (affût de nuit et en matinée aux inter-saisons), à la marche de nuit, aux touffes d'herbe (refuge de jour)...Avertit avant de mordre par un crissement particulier.

Se méfier au lever le matin: se déplacer lentement et observer le sol dans et autour du camp.
Elles sont inactives de mi-octobre à mi-mars dans le nord-sahara (nord algérie, tunisie , nord-libye...) et de début novembre à mi-février dans le sahara sahélien.
Les bitis (vipères heurtantes) Bitis arietans ou Bitis lachesis , occupent au Sahara une large bande du Maroc au sahara sahélien : Mauritanie, Mali, Algerie...et plus au sud jusqu'en afrique du sud.
on les trouve toute l'année dans des milieux variés, autour des habitations, les palmeraies...

Venins: ils ont des activités diverses; hémolytique (thermostable), protéolytique (tissulaire), et actifs sur la coagulation.
provoquent un choc avec hypotension (proche du choc anaphylactique des hypersensibilités immédiates), une hémorragie et une nécrose tissulaire .
Les signes cliniques: 2 orifices punctiformes , éloignés de 6 à 8 mms, sensation de piqure vive, oedème constant plus ou moins important et centripète selon la quantité de venin injectée, pas toujours importante, très douloureux, hypotension avec risque de collapsus, puis en quelques heures nausées, vomissements, diarrhées, et quelques signes neurologiques (angoisse, avec agitation ou au contraire prostration et difficultés respiratoires) et fièvre. Nécrose localisée dans la région de morsure et parfois séquelles: atrophie, paralysie et douleur du membre mordu.
Quand la mort survient, c'est par collapsus cardiovasculaire en quelques heures, oedème aigu du poumon en quelques jours, ou par asphyxie rapide par oedème de la glotte en cas de morsure cervico-faciale, par thrombose brutale en cas de morsure directe dans un vaisseau sanguin.
Conduite à tenir: aspivenin si immédiat, calmer le sujet, l'allonger; On peut prendre du café fort.
Le nettoyage soigneux de la plaie (dakin ou d'eau savonneuse) et l'organisation de l'évacuation doivent être entrepris aussitôt l'arrivée de la victime. Un bandage serré (pas un garrot) avec une bande de crêpe et l'immobilisation du membre sont souhaitables. Le traitement médical à ce stade est essentiellement symptomatique: en cas de choc, l'injection de noradrénaline et de corticoïdes adjuvants, antihistaminique et, en présence de signes locaux importants, l'administration d'un antalgique associé à un anti-inflammatoire peuvent se concevoir, à condition de ne pas retarder davantage l'évacuation.

il faut de toutes façons JOINDRE UN HOPITAL LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE pour une éventuelle sérothérapie et la correction des désordres cardio-vasculaires, hémorragiques, thrombotiques...

Liens sur la toile: une page en français, "Les serpents d'Afrique occidentale et centrale" de J.P. Chippaux
Epidémiologie des morsures : http://www.mpl.ird.fr/serpents/venin.html
avec cet arbre décisionnel (http://www.mpl.ird.fr/serpents/conduite.html)

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