A la recherche de l'oasis cachée 

 La lumière est crue et l'air limpide.l'oasis d'er reched vue du n-n-e
Martin et moi gravissons cette dune depuis dix minutes : le sommet est proche.
Encore cinq pas, trois , un ...
L'oasis est là, à un ou deux kilomètres, modeste tache sombre et fuselée au pied de la dune suivante.
Je crie de joie sous le vent pour faire comprendre à Didier et Joël que nous sommes arrivés à er Reched, cette oasis cachée après laquelle nous courons depuis trois ans.
 Martin paraît heureux aussi .
 
Tout a commencé lors d'une de ces soirées d'hiver ou l'on laisse son esprit vagabonder autour d'un document, de souvenirs de lecture... Je feuilletais machinalement les pages "Tunisie" d'un catalogue de trekking, quand je tombe en arrêt sur "Haouïdet er Reched, une source d'eau chaude bien connue des nomades, cachée au milieu des dunes" !
Tiens tiens, qu'est-ce que c'est ?
La réponse a mis près de trois ans à venir ! trois ans de recherches sur des cartes de diverses origines, sur des photos satellites, sur le net...
En 98 c'est la première exploration sur le terrain...J'ai même réussi à piquer la curiosité de deux autres afficionados de Sahara ! mais alain et patrick s'y cassent les dents l'année suivante.
Je reprends mon catalogue : "nous marcherons ensuite vers le sud-ouest de Dékanis el kébir pour atteindre la source de haouidet er Reched": c'est là qu'il faut chercher ; une première confirmation me parvient quelques jours plus tard sous la forme d'un petit mot d'un visiteur de ces pages ... Il me parle de son voyage en Tunisie et d' "un magnifique lac en plein milieu des dunes ( au sud ouest de Dékanis )" ! c'est sûrement er Reched !
Quelques jours plus tard je repère une petite tache sombre et allongée sur la photo satellite que j'ai recue des usa; tache confirmée sur une autre photo envoyée par patrick : gagné ! ça coïncide exactement avec le point gps communiqué par mon correspondant.
Il faudra aller vérifier ça sur place !
 

chapitre un: quatre compagnons à l'assaut de la grande plaine intérieure de l'erg

Quatre "raiders" dans la passe de bab er resef  
 Mi-Septembre 2000. les jours raccourcissent et je me sens comme un oiseau migrateur, des fourmis dans les ailes.
Un coup de fil à Didier : il a aussi une "fenêtre" de dix jours ! nous décidons de sauter sur l'occasion .
Rapidement , nous contactons deux camarades de jeux : Joël, habitué des virées tout-terrain et un peu du désert, et Martin , un sympathique allemand rencontré deux fois en Libye, grand amateur de désert de préférence à moto et sans 4x4 d'accompagnement: un solide garçon.
Quelques jours plus tard, tout est bouclé, les quatre se sont rapidement décidés et les préparatifs vont bon train.
 
 1er Novembre , 19H30. Martin arrive d'Allemagne après Douze heures de moto ! pas plus détruit que ça, souriant, heureux d'être là.
Nous sommes au complet, c'est la veillée d'armes: tout le monde jubile.
Le lendemain jeudi, c'est l'embarquement sur le Carthage, le joyau de la compagnie Tunisienne de navigation.
Il n'y a pas grand'monde, beaucoup d'autochtones qui rentrent au pays, quelques rares 4x4 et encore moins de motards.
La mer est remuante et tout le monde est malade : c'est souvent le lot des baroudeurs qui traversent la grande bleue.
Au matin, la vue des côtes Tunisiennes est une joie toujours renouvelée, à plus d'un titre...
Cette année, nous battons un record de célérité dans le passage des formalités d'entrée: dix huit minutes !
Nous nous retrouvons illico "de l'autre côté", un peu étourdis par cette nouveauté ! Nous complétons les pleins de carburant et filons plein sud vers Douz que nous touchons au soir.
 
 Samedi 4 Novembre. Cette première nuit sous les palmiers a été fraîche et étoilée : magnifique ; cette année j'ai décidé de dormir dehors dans mon duvet, et cela s'annonce bien. Les bruits sont dépaysants; muezzins à toutes heures, et bruits champêtres : braiements des ânes, cris de la volaille, aboiements des chiens...
Au matin, préparation des motos, des bagages, quelques courses en ville, les pleins de benzine : c'est toujours aussi impressionnant de piloter ces bécanes de plus de 180 kgs. Les premiers instants sont intimidants, et Joël éprouve quelques affres dans la première piste à la sortie de Douz. Ce sont les premiers ensablements, chutes sans gravité dans les premières dunettes, molles à souhait comme d'habitude en Tunisie.
Nous "jardinons" toute la matinée et je commence à me faire du souci pour la suite du parcours, beaucoup plus délicate. Didier me rassure, "c'est la mise en route !"halte-dattes pour martin et didier
Nous visons un point qui nous permettra de rejoindre l'ancienne piste et filer plein sud par Tembaïn. Nous roulons plutôt par deux pour nous aider en cas de problème, mais assez proches les uns des autres de toutes façons.
A un moment, un lièvre fuit devant Didier et Martin, à une trentaine de mètres sur notre gauche : il ne nous a pas vus tout de suite. Les heures passent et nous roulons mieux : est-ce le terrain qui est moins rude ou nous qui nous adaptons ?
Nous bivouaquons un peu au nord du Djebil.

 

 

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